Frustration : Le Post-Punk Français Sans Filtre Ni Concession

Mettons les pieds dans le plat : si le rock français post-2000 avait besoin d'un coup de défibrillateur, c'est Frustration qui a appuyé sur le bouton.

Rien que le nom annonce la couleur. Pas de dentelle, pas de fioritures. Quand Frustration déboule sur scène ou dans vos enceintes, ce n’est pas pour faire de la figuration : c'est une décharge électrique droit dans le plexus.

L’étincelle Born Bad

Pour comprendre le phénomène, il faut remonter à 2006. À l'époque, un tout jeune label parisien appelé Born Bad Records cherche sa toute première galette à presser. Ce sera le maxi Full Of Sorrow de Frustration. Dix-huit ans plus tard, le label est devenu une institution de l'underground, et le groupe en est toujours le fier étendard.

Ici, pas de musiciens sortis du conservatoire avec des coupes de cheveux trop bien peignées. Les membres viennent du punk, du garage, du pur circuit DIY (Do It Yourself). Et ça se sent.

La recette du cocktail Molotov

Prenez une ligne de basse lourde et répétitive qui vous accroche aux tripes, collez-y des riffs de guitare incisifs, un synthé froid façon coldwave eighties, et couvrez le tout avec la voix rocailleuse et habitée de Fabrice Gilbert.

Inspiré par les monstres sacrés de la scène post-punk britannique (Joy Division, Wire, The Fall), Frustration y injecte une urgence urbaile et une hargne bien à lui. Ça sue, ça cogne, ça fait bouger les têtes et piétiner les sols des salles de concert sombres.

Pourquoi il faut les écouter d'urgence ?

Parce que Frustration est l'un des rares groupes qui ne vieillit pas, il se bonifie dans l'urgence. D'albums en albums — de l'incontournable Relax au puissant Our Decisions sorti en 2024 — la formule reste affûtée comme une lame de rasoir.

En live, c’est une messe païenne où la frontière entre la scène et la fosse explose. Pas d'artifice, juste cinq mecs qui envoient du bois avec la même ferveur qu'à leurs 20 ans.

Par où commencer l'écoute ?

  • ? Blind (l'hymne des débuts)

  • ? Too Many Questions (pour la basse hypnotique)

  • ? Slave Markets (en feat. Jason Williamson de Sleaford Mods, du pur concentré de rage)

Alors branchez votre casque, montez le volume à 11, et laissez-vous embarquer. Frustration, c'est la preuve ultime que le post-punk tricolore a encore de très beaux jours devant lui  même à l'etranger!

Categories: la musique !!

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